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Troisième Rapport sur la Situation Economique en Côte d’Ivoire

Juin 2016 - Comme le dit un proverbe ivoirien : « il ne faut pas attendre la pluie pour se laver ». La Côte d'Ivoire vit une embellie économique depuis le retour de la stabilité politique en 2012. Avec un taux de croissance, autour de 9% en moyenne par an, le pays est devenu un des « champions » africains dans un contexte régional somme tout morose. Le succès ivoirien est visible à travers les avions remplis d'hommes d'affaires venant de tous les horizons, les cotations en hausse des agences internationales de crédits, l'engagement des bailleurs de fonds avec plus de 15 milliards de dollars promis lors du dernier groupe consultatif organisé en mai à Paris et dans l'effervescence des beaux quartiers d'Abidjan. 

 

Pourtant cette embellie, si elle offre des opportunités, impose aussi des responsabilités aux décideurs politiques du pays. En effet, le maintien d'une croissance rapide va devoir être accompagné par une hausse des gains de productivité et un partage de ses fruits avec une plus grande partie de la population. Bien que des progrès ont été accomplis au cours de ces dernières années, près de la moitié des ménages vit encore en dessous du seuil de pauvreté et le pays souffre de déficiences dans la gestion de ses deniers publics et des situations de rente dans des secteurs prioritaires en manque de concurrence. Bref, le pays se doit d'améliorer sa compétitivité et sa gouvernance pour aboutir à plus d’efficacité et d’équité.

 

Parmi les faiblesses actuelles de la Côte d'Ivoire s'inscrit le sous-développement de son système financier qui apparait moins performant et inclusif pour jouer son rôle d'intermédiation financière et ainsi faciliter l'essor des entreprises et l'amélioration des conditions de vie des ménages. Aujourd'hui, le système financier ivoirien offre proportionnellement 3 à 4 fois moins de crédits que celui dans les pays à revenu intermédiaire comme l'Afrique du Sud et le Maroc. Sa profondeur est moindre qu'au Sénégal et au Togo. Parce que cette insuffisance peut nuire à l'ambition du pays d'atteindre son émergence, elle est analysée en détail dans la deuxième partie de ce rapport sur la situation économique en Côte d'Ivoire

 

Partie 1: L'état de santé de l'économie ivoirienne

 

Le TGV ivoirien continue de rouler à grande vitesse. L'économie continue de grandir à un taux proche de 10% si bien que le PIB du pays a presque doublé depuis 2011. Cette croissance est multidimensionnelle dans le sens qu'elle est tirée par la bonne performance de l'agriculture et l'expansion du secteur manufacturier et des services. Les comptes extérieurs ont également pu tirer leur épingle du jeu, en partie grâce à des termes de l'échange favorables, alors que le gouvernement a continué sa politique tournée vers des investissements en infrastructure, y compris à travers des partenariats avec le secteur privé.

 

La plupart des voyants sont au vert avec une inflation maitrisée (même si les prix de certains produits alimentaires –attiéké et légumes frais -ont fortement augmenté ce dernier trimestre), un déficit de la balance extérieure stabilisé ainsi qu'un solde budgétaire autour de 4 % du PIB. L'expansion du crédit octroyé par le système financier, de plus de 30 % en 2015, traduit la forte demande du secteur privé et une plus grande concurrence en partie due à l'arrivée de nouvelles banques au cours de ces dernières années.

 

La véritable question, aujourd'hui, est de déterminer combien de temps l'économie ivoirienne pourra continuer sur ce rythme de croissance accélérée. D'aucuns prétendent que l'effet de rattrapage qui avait prévalu à la sortie de crise a commencé à s'estomper. Par exemple, les contributions des bailleurs de fonds ainsi que celle des investisseurs étrangers ont peut-être atteint un plafond. Le contexte extérieur pourrait aussi se montrer moins favorable, en particulier l'évolution des prix des matières premières ainsi que le resserrement de la politique monétaire américaine qui a déjà entrainé une hausse des coûts d'emprunts sur les marchés internationaux pour les pays africains, y compris la Côte d'Ivoire.

 

L’économie ivoirienne devrait continuer sur une trajectoire de croissance autour de 8% dans les prochaines années. Cette prévision sera influencée par l'évolution des risques externes que devra faire face le pays. Ceux-ci ne sont pas insignifiants, à commencer par le risque terroriste jusqu'aux variations des prix des matières premières et au ralentissement économique dans les pays émergents. Les risques climatiques, notamment la pluviométrie, continueront à influer sur la performance de l’agriculture.

 

L'avenir économique de la Côte d'Ivoire dépendra aussi en grande partie de sa capacité à générer des gains de compétitivité au sein de son appareil productif tout en assurant un meilleur partage des fruits de la croissance économique. Il faudrait reconnaître que l'atteinte de ces objectifs va nécessiter des réformes et des changements de comportements qui vont au cœur du fonctionnement de l'économie et de la société ivoirienne.

 

On peut en donner deux exemples. Le premier concerne la compétitivité qui va requérir un effort soutenu pour réduire les barrières à l'entrée et ainsi accroitre la concurrence qui reste le meilleur moyen pour encourager l'innovation et une baisse des coûts (ainsi qu’une hausse de la qualité) pour les consommateurs. Cela implique une amélioration du climat des affaires car les barrières administratives sont souvent une protection déguisée pour les opérateurs déjà en place. La fourniture de services de meilleure qualité et moins chers devient aussi une obligation pour devenir plus compétitif, notamment dans les secteurs des communications, de l'énergie, des transports et des services financiers qui ont tous une portée transversale sur l'ensemble des activités économiques. D'ailleurs, le Président Ouattara l'a bien compris en annonçant, dans son discours du 1er mai 2016, une ouverture du secteur de l'énergie aux opérateurs privés.

 

Le deuxième exemple est sur le besoin d'améliorer la gestion des derniers publics. Il est vraisemblable que le gouvernement ne pourra pas continuer à accroitre ses dépenses au rythme de ces dernières années (en hausse de 50% entre 2012 et 2015) ce qui va nécessiter un effort afin de mieux rentabiliser les ressources disponibles. Pour cela, il faudra améliorer tant l'efficience allocative que financière du budget.

 

Un des défis majeurs de la Côte d’Ivoire sera de financer son développement. Sur la base du modèle utilisé depuis son indépendance, la stratégie du pays repose surtout sur la contribution du financement extérieur, soit sous forme d’aide ou d’investissements directs étrangers. Pourtant, au regard de ce que qui se fait dans les pays en voie d’émergence comme le Maroc et l’Afrique du Sud, les ressources intérieures seront amenées à jouer un rôle majeur. Il faudra donc accroitre le recouvrement des impôts et développer la capacité d’intermédiation financière au sein du pays.  

 

Partie 2: le système financier ivoirien face au défi de l'émergence

 

Le défi de l'émergence requiert un système financier performant et inclusif. Or, aujourd'hui, celui-ci n'est qu'embryonnaire en Côte d'Ivoire. Le montant des crédits y est si réduit que près de 2/3 des opérateurs privés se plaignent du manque d'accès au financement externe ce qui est plus élevé que dans la plupart des autres pays de la sous-région et loin des standards des pays à revenus intermédiaires. Le système financier est aussi insuffisamment diversifié puisque les banques commerciales comptent pour environ 80% de la totalité des actifs.

 

A titre d'illustration, si la Côte d'Ivoire parvenait à un niveau de développement financier similaire à celui atteint en Namibie ou au Cap-Vert aujourd'hui, son taux de croissance du PIB pourrait connaître un accroissement supplémentaire  de 2%. S'il rejoignait le niveau de l'Afrique du Sud, l'impact serait alors d'environ 5%. L'enjeu est donc de taille.

 

Le manque de profondeur du système financier ivoirien transparait dans la faiblesse des crédits octroyés mais aussi par son manque d'inclusion. En effet, il n'y a qu'un Ivoirien sur 8 qui détient un compte bancaire. Ce ratio est en partie compensé par l'essor des comptes mobiles puisqu'environ 20 % des ivoiriens en possèdent aujourd'hui. Même en incluant ces derniers, le manque d’inclusion financière est visible car la proportion d'adultes avec des comptes bancaires et mobiles dépassent 70 % et 59% respectivement en Afrique du Sud et en Namibie.

 

Ce manque de profondeur s'explique par deux raisons principales. La première est que si les Ivoiriens épargnent plus que le reste de l’Afrique, ils ne le font pas dans les établissements bancaires. Il n'y a pas plus 15 % des épargnants ivoiriens qui placent leurs économies dans des établissements financiers, soit 3 fois moins que l'Africain moyen. Si l'explication derrière ce comportement est multiple, elle trouve son fondement dans un simple choix de portefeuille des épargnants qui doivent faire face à des coûts de transactions élevés pour ouvrir et gérer un compte bancaire alors que leurs bénéfices sont minimes. Les coûts de transactions sont visibles à travers le temps perdu dans les transports, les files d'attente et les commissions encaissées par les banques.

 

La deuxième raison est que le taux de transformation des dépôts en crédit reste faible en Côte d'Ivoire. Ce taux est équivalent à environ 75 % (contre pratiquement 100% au Sénégal) ce qui indique que les banques préfèrent garder des liquidités ou investir dans d'autres placements, comme les titres émis par l'Etat. En plus, quand les banques prêtent, elles le font surtout pour un groupe de clients privilégiés (5 clients constituent 1/3 de la totalité des crédits) et à court terme. Les raisons invoquées par les banques sont la faiblesse des dossiers et des garanties apportées par leurs clients potentiels. Le manque chronique d'information financière sur les entreprises et les demandeurs de crédit est aussi un frein considérable. Il est vrai que dans tous ces domaines la Côte d'Ivoire, comme presque tous les pays de la sous-région, est en retard, avec peu d'instruments collectifs opérationnels pour pallier aux lacunes du marché.

 

Ce rapport propose trois pistes de réflexion. La première piste consisterait à rapprocher les banques de leurs clients de manière à réduire les coûts de transactions et ainsi accroitre l'inclusion du système. Ce rapprochement peut être physique en suivant l'exemple du Kenya où le nombre de succursales bancaires et de machines ATM s'est multiplié. Les clients continent à privilégier le contact physique avec leurs banquiers alors que l'infrastructure bancaire est sous développée en Côte d'Ivoire, surtout dès qu'on quitte Abidjan. Ce rapprochement doit aussi être virtuel en profitant de la révolution technologique car si les banques ivoiriennes ont déjà pris des initiatives elles peuvent faire plus. Elles peuvent aussi faire plus pour réduire leurs coûts de fonctionnement qui, comptant pour plus de 60% de leurs revenus, suggèrent une marge de manœuvre non négligeable.

 

En parallèle, le rapprochement de leurs clientèles pourrait s'effectuer en abaissant les risques associés à l'octroi de crédits. Les banques peuvent innover davantage et l'Etat, ainsi que la BCEAO, peuvent opérationnaliser les crédits-bureaux  récemment mis en place. 

 

La deuxième piste serait de diversifier le système financier. Un vent nouveau a été insufflé par les opérateurs non bancaires, en particulier les compagnies de communication et les établissements de microfinance. Les opérateurs de téléphonie mobile pourraient se transformer en établissement de microcrédits comme au Kenya, et la législation sur la microfinance pourrait s’assouplir pour leur permettre d’émettre des chèques ou des cartes de crédit/débit. De nouveaux produits financiers pourraient être développés, mieux adaptés aux   besoins de la clientèle, comme le crédit-bail ou l’affacturage dont l’usage reste minimal en Côte d’Ivoire.

Enfin, la troisième et dernière piste serait de sécuriser le système financier à travers une régulation forte ainsi que l'éducation des clients. Plusieurs exemples concrets sont développés dans le texte principal.   

 

 

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